Jean-Claude Bertand, Arpàd Szenes...
vers une abstraction du paysage

du 10 février au 28 mai 2017

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Les œuvres de Jean-Claude Bertrand dans la collection

 

repères biographiques Jean-Claude BERTRAND (Saint-Etienne, 1928 – Paris, 1987)

Jean-Claude Bertrand entrera dans l’atelier de Marcel Gromaire à l’Ecole nationale des arts décoratifs entre 1945 et 1950, au même moment que Genis, Petit, Bardone ou Mayet, exposant avec ces mêmes artistes au Salon de la Jeune peinture. Plus tardivement, il sera professeur à la Manufacture Nationale des Gobelins puis à l’Institut français de Restauration des Œuvres d’art. Il recevra le prix Fénéon en 1956 pour son Autoportrait et puis le prix Blumenthal. Il exposera régulièrement au Salon de la Jeune peinture, au Salon d’automne, au Salon des Tuileries puis au Salon Comparaison. Différentes galeries en France et à l’étranger soutiendront son travail : à Paris, les galeries Charpentier, Drouet et Colette Blétel, la galerie Ramon-Duran à Madrid et Artho-Gar à Bilbao pour ne citer que les principales.

Il s’agit de la première exposition personnelle d’un artiste figurant dans la collection. Jean-Claude Bertrand, l’un des premiers disparus dans l’entourage de ses amis peintres qu’il rencontra à l’Ecole des arts décoratifs de Paris dès 1945 : Jacques Petit, René Genis, Dominique Mayet, Guy Bardone, n’en est pas moins l’un des plus original dans son approche du paysage. En témoignent, ses nombreux dessins à l’encre de Chine représentant, avec force et vitalité, des parcelles de nature. Tout en gardant des titres très figuratifs, sa peinture davantage allusive, se jouera des frontières entre abstraction et figuration.

Jean-Claude Bertrand inaugure un cycle d’expositions d’artistes dans l’entourage de Guy Bardone. Sa démarche, quoique très ancrée dans son rapport à la nature, s’en éloigne sensiblement dans son vocabulaire formel qui convoque un travail sur la matière qui devient progressivement abstrait, pour envahir toute la toile dans ses dernières œuvres de la moitié des années quatre-vingt.

 

 

 

Ecole Française

Issu d'une famille éclairée, il se forme à l'Académie libre de Budapest. Depuis l'enfance, il dessine et peint avec facilité. Rippl Ronaï, son professeur, le sensibilise aux mouvements et aux travaux d'avant-garde en France : Matisse, Bonnard, Marquet, Vuillard. En 1922, Il expose ses premières peintures abstraites au Musée Ernst. En 1924, il décide de voyager en Europe, afin de parfaire sa culture plastique. En Allemagne, il est fasciné par les oeuvres de Klee et Kandinsky. En Italie, il est touché par Giotto et Piero della Francesca. Il arrive à Paris en 1925, et travaille pour la presse dans un premier temps. Il réalise bon nombre de caricatures et de portraits dans les lieux publics. Il fréquente sans y être inscrit l'Académie de "La Grande Chaumière", en 1928, où il rencontre Vieira da Silva qui devient sa femme en 1930. Il fréquente Pascin, Varèse, Kokoschka ses voisins de palier, mais aussi Giacometti, Calder, Lipchitz... De 1931 à 1941, il pratique la gravure avec Hayter à "l'Atelier 17". Il fait entre autres la connaissance de Ernst, Miro, Jeanne Bucher, et du couple Delaunay, tous très intéressés par sa peinture. La Galerie Jeanne Bucher l'expose régulièrement par la suite de 1939 à 1985. Le sculpteur Hajdu, les peintres Estève et Pignon deviennent des amis proches du couple. Citoyen hongrois, il est contraint de quitter la France durant la Seconde Guerre mondiale, et après un bref séjour au Portugal, il séjourne au Brésil de 1940 à 1947. C'est à son retour qu'il s'attache à retravailler sur des séries déjà entamées, "Les Conversations" (1947-53) et "Les Banquets" (1948-52). À partir des années 1950, son style se dépouille. Devenu apatride depuis les années 1930, il obtient la nationalité française en 1956.

Arpad Szenes affectionne tout particulièrement le format horizontal qui lui permet « d'amincir, d'étirer le paysage ». Ses compositions sont souvent « remarquables par leur simplicité, leur franchise et l'économie de moyen qu'elle mettent en œuvre ». Il a beaucoup utilisé la gouache, puis la tempera qui est « une technique plus immédiate dont le rendu, plus mat, plus onctueux le satisfait tout particulièrement »*( citation d’une notice de Serge Lemoine extraite de « Musée des Beaux-Arts de Dijon : Donation Granville : catalogue des peintures, dessins, estampes et sculptures, tome 2 : œuvres réalisées après 1900 », Ville de Dijon, 1976).

Le réel est « transposé » car l’artiste essaye de « rendre visible une impression, plus que décrire vraiment un site précis. » Nous progressons dans un paysage néanmoins figuratif que Szenes nous fait découvrir à travers son extrême sensibilité… vers une abstraction du paysage.

 

 

Biographical references : Jean-Claude BERTRAND (Saint-Etienne, 1928 - Paris, 1987)

Jean-Claude Bertrand will enter Marcel Gromaire's studio at the National School of Decorative Arts between 1945 and 1950, at the same time as Genis, Petit, Bardone or Mayet, exhibiting with these same artists at the Salon de la Jeune peinture. Later, he will be a professor at the Manufacture Nationale des Gobelins and then at the French Institute for the Restoration of Works of Art. He received the award Prix Fénéon in 1956 for his Self-Portrait and then the Prix Blumenthal. He will regularly exhibit at the Salon de la Jeune peinture, the Salon d'automne, the Salon des Tuileries and the Salon Comparaison. Various galleries in France and abroad will support his work: in Paris, the Galleries Charpentier, Drouet and Colette Blétel, Ramon-Duran gallery in Madrid and Artho-Gar in Bilbao to name but the main ones.This is the first solo exhibition of an artist in the collection. Jean-Claude Bertrand, one of the first missing in the entourage of his friends whom he met at the School of Decorative Arts of Paris since 1945: Jacques Petit, René Genis, Dominique Mayet, Guy Bardone Is no less one of the most original in its approach to landscape. This is evidenced by the many Indian ink drawings depicting plots of nature with vigor and vitality. While retaining very figurative titles, his painting more allusive, will play on the line between abstraction and figuration.Jean-Claude Bertrand inaugurates a cycle of exhibitions of artists in the entourage of Guy Bardone. His approach, although deeply rooted in his relation to nature, is far removed from it in his formal vocabulary, which calls for a work on matter that gradually becomes abstract and invades the entire canva in his paintings of the second half of the 20th century.

Arpad Szenes (Budapest, 1897 - Paris, 1985). French school.

Coming from an enlightened family, he was educated at the Free Academy of Budapest. Since childhood, he draws and paints with ease. Rippl Ronaï, his teacher, sensitized him to movements and avant-garde works in France: Matisse, Bonnard, Marquet, Vuillard. In 1922, he exhibited his first abstract paintings at the Ernst Museum. In 1924, he decided to travel to Europe, to perfect his plastic culture. In Germany, he is fascinated by the works of Klee and Kandinsky. In Italy, he was touched by Giotto and Piero della Francesca. He arrived in Paris in 1925, and worked for the press at first. He carries a lot of caricatures and portraits in public places. He attended the Academy of "La Grande Chaumière" in 1928, where he met Vieira da Silva, who became his wife in 1930. He attended Pascin, Varese, Kokoschka, his neighbors, but also Giacometti, Calder, Lipchitz ... From 1931 to 1941, he practiced engraving with Hayter at "Atelier 17". Among other things, he is acquainted with Ernst, Miro, Jeanne Bucher, and the Delaunay couple, all very interested in his painting. The Galerie Jeanne Bucher regularly exhibited it from 1939 to 1985. The sculptor Hajdu, the painters Estève and Pignon became close friends of the couple. A Hungarian citizen, he was forced to leave France during the Second World War, and after a brief stay in Portugal, he stayed in Brazil from 1940 to 1947. He returned to work on series after his return Already begun, "Les Conversations" (1947-53) and "Les Banquets" (1948-52). Beginning in the 1950s, his style was deprived. Becoming stateless since the 1930s, he obtained French nationality in 1956. Arpad Szenes particularly likes the horizontal format which allows him to "thin, stretch the landscape". His compositions are often "remarkable for their simplicity, their frankness and the economy of means that they implement". He used much gouache, then tempera which is "a more immediate technique whose rendering, more dull, more unctuous, particularly satisfies him" (citation of a notice of Serge Lemoine extracted from "Museum of Fine Arts of Dijon: Donation Granville: catalog of paintings, drawings, prints and sculptures, volume 2: works made after 1900 ", City of Dijon, 1976). The real is "transposed" because the artist tries to "make visible an impression, more than really describe a specific site. "We progress in a nonetheless figurative landscape that Szenes makes us discover through his extreme sensitivity ... towards an abstraction of the landscape.

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